Après les médicaments toxiques et sans rendu médical effectif comme le Médiator, combien de morts et de malades seront dus à la chimie agricole ?

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Chimie agricoleOù va nous menez la chimie agricole ?

Chimie agricole qui a dopé les rendements, devenue une quasi théologie multinationale, et a aussi fait exploser le montant des aides publiques de la PAC: souvenez vous des montagnes de produits des années 70….

Et il ne faut pas se tromper de combat, il ne s’agit pas de faire disparaître toute chimie, celle qui peut sauver des vies. Mais nous parlons ici des molécules qui sauvent les revenus, et non de celles qui sauvent la santé.

Il y a soixante ans, un contrat social a été passé entre la société et le monde paysan pour nourrir la population à bas prix, tout en fournissant des bras à l’industrie et la reconstruction de l’après guerre. De « paysan », ce monde est devenu agricole, puis agroalimentaire, par la mécanisation et l’énergie très bon marché, avec la double impulsion Plan Marshall en Europe après la Guerre, de la « Révolution Verte » dans les PVD, puis du plan Mansholt en Europe et enfin de la grande distribution.

Nous n’en sommes plus là, le chômage est endémique, et c’en est fini de l’énergie pas chère !

 

Cette « Révolution Verte », qui n’a de vert que le nom, doit en fait tout à la chimie de synthèse.

Les engrais ? Une reconversion des explosifs, prétextant des découvertes d’un Liebig atterré, réduisant à trois minéraux de turgescence, NPK ( azote, phosphore et potasse), les ressources nécessaires  à la croissance végétale, les 31 autres éléments ayant été jugé secondaires, voire sans intérêt !

Engrais et mécanisation ont déséquilibré cultures et « mauvaises herbes », devenues incontrôlables.

Apparurent alors les désherbants, produits modernes dont la toxicité ne fut étudiée qu’à court terme sans tenir compte d’éventuels effets secondaires. Personne n’a étudié les risques sur les milieux et espèces commensales, parasites ou auxiliaires. Les insectes parasites se sont adaptés (pucerons par exemple) et leurs destructeurs, auxiliaires avérés comme les coccinelles, n’ont pas supporté et sont presque disparues. D’où la nécessité de détruire ces pucerons devenus nuisibles, ce qui a induit de nouveaux déséquilibres sur les maladies contractées par des cultures dopées par engrais ET chimie, devenus aussi prégnants que les « stimulants » pour certains sportifs de haut niveau, qui ne peuvent plus se passer du dopage….

Risques ensuite sur la santé du consommateur, comme des utilisateurs directs de ces molécules, souvent présentées comme moins dangereuses que du sel de cuisine. Or le sel en excès peut provoquer de graves problèmes d’hypertension et serait responsable d’une centaine de morts par jour dans un pays comme la France… Ainsi l’atrazine, désherbant des maïs fut présentée comme sans risque, voire buvable, en réunion de Développement Agricole, contexte entendu par l’auteur de ces lignes…

Le dit désherbant atrazine a été classé comme cancérigène par le CIRC (Centre International de Recherche Contre le Cancer) et polluant majeur des nappes, puis déclassé en « cancérigène probable », et maintenant reconnu comme perturbateur endocrinien probable…

 

A en perdre son latin, ou sa confiance en « la science », non?

L’atrazine est aujourd’hui remplacée par d’autres produits utilisés à des doses mille fois plus faibles… cinq à vingt grammes suffisent à désherber un hectare par an, au lieu de cinq kilos.

Vous avez bien lu, il s’agit de quelques grammes par hectare, ou quelques milligrammes par mètre carré, dose épandue par du matériel de plein champ, dont la précision doit être diabolique, dans les chaos des dits champs….

Et l’on sait maintenant que toutes ces molécules provoquent des effets directs sur la santé des agriculteurs, mais les études sur le cumul de doses et de produits sont inexistantes. Leurs actions se font sentir des dizaines d’années après le contact ou l’inhalation, parfois de façon quasi immédiate, ce qui permet à ce moment là de faire le lien entre produit, malaise ou maladie. Sait on seulement ce que deviennent ces molécules, une fois dégradées dans la nature? Comment se recombinent elles, en quels produits, toxiques ou non? Seules des  statistiques font constater les dégâts sur les utilisateurs, mais pas sur les consommateurs, exposés sauf exception, à des doses très faibles et trop diffuses, que l’on ne peut donc estimer facilement dans les échantillons de population qui sont à la base des études. .

Un peu comme dans le cadre de l’amiante, pour laquelle l’exposition des dockers et des maçons travaillant à l’isolation est clairement établie.  Mais qu’en sera-t-il des professeurs ayant passé leur carrière dans un « collège Pailleron », isolé en urgence pour éviter une réédition de ce tragique incendie ?

 

Et que dire des désherbants, « formulations commerciales » vendues sous la forme de mélanges complexes pour les rendre efficaces ?

La loi, issue de la Directive européenne 91/414, prescrit que chaque molécule ET chaque formulation soient étudiées de façon complète. Cette Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) doit être renouvelée tous les dix ans, et la formulation être « connue ».

Pour ne parler que des désherbants, les molécules « actives » ont besoin de transpercer la protection cireuse des plantes, grâce à un agent mouillant. Comme l’aiguille permet l’injection du contenu de la seringue… Encore faut-il que cette aiguille ne perturbe pas l’organisme traité (propreté, toxicité…).

Pour prendre un exemple connu, la molécule active du Round Up ou glyphosate, est toujours accompagnée d’un mouillant, souvent un poly oxyéthilène amine (POEA), molécules qui détiennent trois AMM.

La présence conjointe du glyphosate et de POEA est implicitement reconnue par l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, avis du 26 03 2009), mais absente officiellement dans les dossiers déposés par la firme demandeuse auprès de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL), administration instruisant les dossiers, d’après Mr le Ministre de l’Agriculture (lettre du 14 10 2009). Alors que toutes les analyses confirment la présence d’agents mouillants, mais pas toujours des POEA! Ce sont parfois des Poly Oxy Propylène Amine, qui ne détiennent apparemment aucune Autorisation de Mise sur le Marché (AMM)…, voire d’autres molécules, inconnues dans la liste des adjuvants détenant une AMM…

Par ailleurs, lors d’une Commission de toxicologie, dite ComTox, les experts présents ont à vérifier des centaines de dossiers, en quelques heures, ce qui est surhumain, à moins que comme cela se fasse par simple acceptation de « modification mineure de composition », ainsi que cela nous a été  évoqué lors d’une rencontre à la DGAL… Mais peut on penser que de passer d’une molécule avec des radicaux à deux carbones ait le même effet qu’avec des radicaux à trois carbones?

Un peu comme si du butane se comportait comme du propane, de l’éthanol comme du méthanol.

 

La loi est clairement contournée…même si la publication de ces données n’est pas faite au public, l’administration devrait, pour le moins, exiger que les dossiers soient complets…

Et qu’en est-il de l’action de ces agents mouillants sur les sols et notamment la matière humique, énorme piège de carbone ? Sa dégradation depuis l’usage de la chimie a-t-elle été surveillée par les services publics, INRA par exemple ?

Les radicaux mycéliens ont ils la même mortalité lors d’une application de Round Up ( donc des  agents mouillants) . que les cellules du cordon placentaire ? (étude de GE SERALINI et al, décembre 2008). Certains pensent clairement que la dégradation des sols participent au réchauffement climatique… (cf. Daniel NAHON, « l’épuisement de la Terre, l’enjeu du 21e siècle »). Et les tonnages de carbone ainsi émis sont colossaux en 60 ans de productivisme chimique.

Et depuis le Grenelle de l’Environnement, les Indices de Fréquence de Traitement ( les IFT ou NODU) ont été mis en place grâce aux travaux de l’INRA. Mais pourquoi les traitements faits par enrobage ne sont pas compris dans le calcul de ces IFT ? Alors que leur efficacité toxique est bien connue, ne masquerait on pas ainsi une utilisation massive de ces produits d’enrobage, plus toxiques que tous les autres ?

 

J’interroge les services de l’Etat :

J’interroge les services de l’Etat : pourquoi les dits services de l’Etat n’ont-ils pas étudié toutes les conséquences de leurs préconisations chimiques, tant sur la santé, sur la qualité des aliments, la préservation des ressources en eau et sur la survie qualitative des sols agricoles ?

J’interroge les services de l’Etat « compétents »:  pourquoi les dits services n’ont-ils jamais donné aux experts agréés les capacités à répondre à des questions simples sur le devenir des produits dans les sols ?

D’où le refus de donner un avis sur certaines demandes judiciaires en cas de pollutions volontaires ou accidentelles (Tribunal de Grande Instance de Rochefort, jugement de juillet 2009, à la suite duquel les experts récusent la mission d’évaluer les risques de rémanence d’un produit pulvérisé dans les sols d’une parcelle labellisée en agrobio, et pour les récoltes à venir).

J’interroge les services de l’Etat : pourquoi les dits services acceptent-ils que les firmes  présentent les dossiers de toxicité dans des termes simplifiés et non prévus par la loi, notamment la transparence des compositions et l’exhaustivité des études.

Sinon pour autoriser ainsi des dizaines de mélanges non-étudiés, comme ceux à base de glyphosate en mélange avec d’autres molécules ( exemples pris au hasard: sel isopropylamine ET glyphosate, ou glyphosate acide, oxadiazon ET diflufénicanil).

J’interroge les services de l’Etat : pourquoi la circulaire mise en ligne le 15 avril 2005, suite au « comité mélange » (sic !) de juillet 2004 n’a plus aucun lien fonctionnel? Peut être parce que tous ces mélanges indiqués sur le site e-phy sont probablement illégaux, signalés par un simple communiqué de presse du 25/04/2005, devenu introuvable aujourd’hui. Et la « Loi Bussereau » (2006/11), postérieure, ne fait guère mention de ces « mélanges »…

J’interroge les services de l’Etat : pourquoi les firmes  ne transmettent-elles que des études faites  il y a quelques décennies ?

Cela permet-il aux firmes d’économiser sur le coût des études complètes, pour la ré actualisation des données sur la « formulation nouvelle »?

Pourquoi l’administration ne renouvelle-telle pas les AMM au moins tous les dix ans (Numéro d’autorisation de mise sur le marché 7400057  site e-phy, encore présente le 20 01  2010) ?

J’interroge les services de l’Etat : pourquoi l’administration n’ouvre-t-elle pas exhaustivement les dits dossiers, et pourquoi rend-elle des « Avis » qui ne sont souvent que des « copiés collés » des avis antérieurs (avis AFSSA du round up express du 16 04 07, avis Round up Energy et 680 du 16 04 07…) ?

J’interroge les services de l’Etat : pourquoi l’administration rend-elle des avis, en reconnaissant sciemment que le « pétitionnaire n’a pas fait les études sur le public concerné » (avis AFSSA Round up express du 16 04 2007) ?

J’interroge les services de l’Etat : pourquoi l’administration, quand elle réceptionne les dossiers de demande d’autorisations, ne demande-t-elle pas que la totalité des études fournies par les firmes soient au moins publiques, voire publiées dans des revues soumises à des comités d’évaluation scientifique (relecture par les pairs)?

C’est le cas des dossiers AMM du Round Up suite à la directive 91/414, Annexe  II section 3 dans lesquelles la liste de référence comprend environ 130 études dont seules  11 furent publiées, et encore sans la certitude de bonnes conditions de laboratoire et d’expériences.

Dans le cas de l’Annexe II section 4, 42 études sont produites, mais aucune n’a jamais été publiée. Ces études concernent pour la plupart des plantes « Round Up Ready », probablement gavées au Round Up et donc n’ont jamais pu être discutées par d’autres scientifiques?

 

Doit on comprendre que les « secrets industriels » sont plus importants pour l’Administration que notre santé ?

J’interroge les services de l’Etat :

pourquoi l’administration ne voit pas les contradictions flagrantes dans certaines de ces « études » qui mettent clairement en évidence que les études sur plusieurs générations de rats dont les résultats sont éliminés par la firme car les réponses lui paraissent anormales car non proportionnelles aux doses? (études 5.6.1/ de 01 à 04) ?

Ignorent-ils que, dès 1949, Druckrey et Küpfmüller ont démontré que, avec certaines substances, la dose totale nécessaire pour obtenir un même effet peut diminuer en même temps que régresse la dose mais que s’allonge la durée d’exposition ?

pourquoi l’administration ne voit pas les contradictions flagrantes dans certaines de ces « études » qui mettent clairement en évidence que les effets des adjuvants sont bien réels mais niés, comme dans les essais de dose létales, du Round Up et de son adjuvant ( étude sur chiens 5.8.2/03 )?

pourquoi l’administration ne voit pas les contradictions flagrantes dans certaines de ces « études » qui mettent clairement en évidence que les effets sont clairement différents entre mâles et femelles (étude sur rats 5.8.2/04)?

J’interroge les services de l’Etat : pourquoi l’administration  ne tient-elle jamais compte des données réelles de la dispersion des produits et de leurs résidus dans l’environnement et l’alimentation, mais seulement de données « calculées », et délivre-t-elle son avis sur ces estimations virtuelles prédictives (avis AFSSA des mêmes dates) ?

Les estimations, légitimes il y a quarante ans, sont prises en défaut par la situation des nappes et cours d’eau, la percolation des molécules. L’IFEN (institut français de l’environnement) montre bien la non-pertinence des tests fournis par les firmes, de nombreux captages d’eau potable devant être fermés, de nombreuses analyses dépassent les LMR (limite maximale de résidus) dans les produits alimentaires. Quels seront les effets « cocktails » sur notre santé ?

J’interroge les services de l’Etat : pourquoi l’administration ne tient elle pas compte de données annexes et pourtant essentielles, comme par exemple l’étude de l’Afsset RAPPORT « efficacité des combinaisons de type 3 et 4 » Saisine n° 2007/AC018, qui a constaté que les gants et autres tenues de protection étaient inefficaces dans de nombreux cas ?

Craint-on qu’elles fussent étudiées avec les seules molécules actives et sans les agents mouillants….comme pour les produits phytosanitaires et que ces agents mouillants pénètrent au travers des combinaisons ?

Qu’en sera-t-il des dispositions du Grenelle de l’Environnement qui prévoit 6% d’agrobiologie en 2012, et 20% en 2020 ? Comment pourrait-on multiplier par dix la surface agrobiologique, alors que, par « l’inaction » de l’administration, par le manque de décision politique sous la pression de lobbies,  nous stagnons aux alentours de 2% depuis environ 10 ans ?

Et que pour 2012, nous serons à peine à TROIS %…

Alors que le budget 2011 prévoit de ramener le Crédit d’Impôt Agrobiologique de 4 000 € à 2 000…

Comment peut-on alors croire que la diminution de l’usage des phytosanitaires, programmée à hauteur de cinquante pour cent, va se mettre en place, alors qu’aucun calendrier n’est réellement défini ?

De plus que signifie une baisse de 50% alors que une dose d’imidaclopride ( molécule du Gaucho) a une toxicité environ 7200 fois plus élevée que le même poids de DDT pourtant interdit ???

Surtout comment les administrations vont-elles pouvoir enfin favoriser les agriculteurs respectueux des milieux et de leurs consommateurs,

Alors que la FNSEA a lancé un appel pour faire arrêter ces Mesures Agri Environnementales (MAE), et a élu à sa tête un céréalier, actionnaire de SOFIPROTEOL, organisme qui s’intitule lui même « partenaire durable de l’agro-industrie française ». Ce syndicat affirme que ces MAE seraient un frein à la productivité, et demande que les normes environnementales, dans le cadre des Bonnes Conditions Agro Ecologiques ( BCAE), soient encore assouplies, malgré leur faible niveau actuel.

Et Mr le Ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture n’a pas l’air de démentir cela avec vigueur… Alors que le montant financier engagé dans les MAE est à peine le dixième des subsides de la PAC….

Et que parfois, l’administration de l’agriculture se précipite à faire signer des contrats, dans le seul but de ne pas se retrouver condamnée à nouveau par la Cour de Justice des Communautés Européennes comme cela est arrivé pour non respect de « Natura 2000 » dans le Marais Poitevin (EAE du Marais Poitevin, signées en catastrophe en 2002).

J’interroge les services de l’Etat ; pourquoi, malgré les affichages du « Grenelle de l’environnement », aussi peu de résultats dans le nombre de conversions vers l’agriculture biologique ( CAB),ou la tiédeur de la modulation des aides de la PAC ?

Une forte modulation pourrait permettre de financer ces CAB, justement, ou de nouvelles MAE , pour impulser efficacement une vraie conversion de notre agriculture, pour la sevrer de la chimie qui nous intoxique, nous et notre environnement. Mais les dits services vont probablement arguer  du peu d’empressement du monde agricole de se convertir à l’agriculture biologique ou à signer ces fameuses MAE.

J’interroge les services de l’Etat : pourquoi la totalité de ces mesures favorisant l’environnement sont-elles toujours évaluées sur  « le manque à gagner induit par des techniques non conventionnelles », sans jamais prendre en compte le fait de leurs aménités positives, préservant la santé, les ressources en eau, la diversité biologique que l’année 2010 a mise à l’honneur…toutes ces « menues choses » qui sont en fait des biens publics dont nos enfants auront bien besoin eux aussi .

Ces « services de la biodiversité », comme le rappelle Chevassus-Au-Louis, n’ont-ils pas été évalués à 30 000 milliards $ soit 2 fois le Produit mondial Brut ?

J’interroge les services de l’Etat ; pourquoi  ces mesures sont-elles accompagnées de dossiers lourds à gérer, de systèmes de contrôle ou de paiement très défavorisant  comparativement à celui des primes PAC (une variation administrative de quelques ares, un modeste « bug informatique » peuvent bloquer pendant des mois les aides environnementales aux paysans « vertueux »?

Alors que ces surfaces sont gérées dans le meilleur respect de l’environnement

et que ces comportements mettent ainsi en jeu la survie économique de ces paysans respectueux de la santé des consommateurs ?

J’interroge les services de l’Etat ; pourquoi cela ne se produit jamais ou presque lors des paiements des primes de la Politique Agricole Commune, qui elles ne sont guère respectueuses de l’environnement, et encore moins de la justice sociale (80% des sommes à moins de 20% des fermes) ni même de la santé, tant des producteurs que des consommateurs ? Car si blocage il y a, c’est lors de fraudes manifestes?

Après le scandale du sang contaminé, et de la vache folle, dont les victimes sont restées peu nombreuses comparativement au tapage médiatique, après le scandale de l’amiante, les décideurs de l’administration devraient se poser la question suivante : « quand les digues du non-dit vont-elles céder ? ».

Car comme lors de la catastrophe du barrage de Malpasset dont nous venons de « fêter » le cinquantième anniversaire, construit lui aussi sur de la «roche  pourrie» est-ce que toutes les éventuelles instructions judiciaires seront classées sans suite ?

Comme en cette année 2010, la tempête Xynthia a dévasté des lotissements construits en dessous du niveau des hautes mers, derrière des digues de sable… ce qui ne surprend guère !

Les morts ne reviendront pas, hélas, mais dans les lieux anciennement construits, les habitations sont sur les points « hauts », hors d’atteinte de la mer, qui n’a guère fait que reprendre sa place!

J’affirme aux services de l’Etat, et à tous ses grands commis:

Je n’aimerais pas être à votre place, après tant de laxisme, ou d’aveuglement…

Car lorsque les maladies se déclareront de façon épidémique, qui aura la responsabilité morale, médicale et donc financière ?

Déjà les médecins s’alertent du nombre dramatiquement croissant de maladies liées à l’usage des phytosanitaires,  … est-ce l’annonce de la vraie catastrophe sanitaire et sociétale où nous mène la chimie agricole ?

J’interroge une dernière fois les services de l’Etat : puisque la cour d’appel de Bordeaux a reconnu le titre de maladie professionnelle à un agriculteur de Charente, intoxiqué par l’herbicide «Lasso» de Monsanto, qui va payer l’augmentation des cotisations à l’avenir ?

La Cour a déjà donné la réponse, ce sera l’assureur de complémentaire santé Aaexa (assurance accident des exploitants agricoles) qui l’indemnisera, comme l’avait déjà affirmé le TASS d’Angoulême. Ce sera donc à la charge des autres cotisants, pas des fabricants, ni des signataires des autorisations…

Mais peut être que je me trompe, que tout ceci n’est qu’erreur fortuite, qu’aucune Limite Maximale de Résidus n’a jamais été dépassée, qu’aucune molécule de la chimie agricole ne se retrouve dans l’eau des rivières, et que les abeilles ne sont atteintes que par leurs poux, ce fameux varoa, sans tenir compte des agressions permanentes de la chimie ou des ondes, voire affamées par la monotonie des champs industriels !

Ou alors que nous  sommes dans un mauvais rêve et qu’en fait tout va pour le mieux dans le Meilleur des Mondes……..

Que les études dans les aliments pour bébés de Générations Futures ( ex MDRGF) étaient toutes vierges de résidus de la chimie agricole…

Ainsi que les terres agricoles dont les taux de matières organiques ne décroissent pas…

 

Dans l’attente de réponses à toutes ces questions…

Alors que certains lanceurs d’alerte sont assignés au tribunal parce qu’ils dénoncent les pollutions chimiques de l’alimentation comme celle des raisins de table, procès qu’ils ont toutefois gagné. Alors que les adjuvants dans les plastiques sont retirés un peu partout pour évaluation erratique de leurs effets…

Ne serait-ce pas le moment de tous nous mobiliser, consommateurs, citoyens, acteurs de l’alimentation et de la santé, pour qu’enfin nous soyons entendus ?

Notamment en ces temps de négociation pour la réforme de la Politique Agricole Commune en 2013, soutenons les actions, associations, syndicats, ONG qui veulent qu’enfin nos avis soient entendus, pour notre santé et l’environnement de nos enfants…!!!

Ou alors faudra-t-il que des ministres soient traînés devant la Haute Cour de Justice pour fraude à la loi manifeste, comme le Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire vient d’en effectuer une en réitérant une Autorisation Provisoire de Vente pour un produit, le Cruiser, que l’Allemagne a suspendu pour toxicité avérée sur les abeilles?

Un précédent procès avait conduit à interdire le Régent pour l’enrobage des semences( molécule Fipronil); les leçons n’ont pas servi …

A moins que Syngenta ne soit cliente d’un cabinet d’avocats célèbres, ou qu’un de ses dirigeants ne soit bientôt titulaire de la Légion d’Honneur ?

Peut être faudra-t-il en arriver là, pour qu’enfin l’agriculture ne soit plus toxique pour les paysans, les consommateurs et l’environnement…

Alors qu’un certain titulaire de la Grand Croix de la Légion d’Honneur » vient enfin d’être cité en comparution directe, combien de souffrances dans le monde agricole, combien de maladies incompréhensibles chez les consommateurs ?

• • • • •

Jacques Maret, auteur du livre «Le Naufrage Paysan», a déposé une demande de retrait de plusieurs Round Up en tant que simple «particulier ayant intérêt à agir».

Avec le soutien de:
Sandrine Bélier, euro-députée Europe Ecologie – Les Verts
Dominique Belpomme, professeur des universités, président d’Artac
Lilian Ceballos, consultant en écologie, docteur en pharmacie
Philippe Desbrosses, fondateur du réseau Intelligence Verte
Bernard Frau, ancien Président de l’Ineris
Frédéric Jacquemart, président du GIET 
Dominique Marion, Président de la Fédération National Agro-Biologique 
Jean-Yves Martin, médecin en milieu rural
Pierre Menneton, chercheur INSERM, lanceur d’alerte 
Serge Orru, directeur général du WWF-France
Christian Pacteau
Christian Portal, collectif Acecomed, auteur de «Pour une médecine écologique» 
Pierre Rabhi, paysan, pionnier de l’agroécologie en France, membre des Colibris
Jacques Testart, fondateur de la Fondation pour une Science Citoyenne
Franz Vasseur, avocat au barreau de Paris


Article publié dans Médiapart le 21/02/2011

 

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